Libertés publiques au Liberia

Garanties constitutionnelles

Le chapitre de la Constitution de 1986 consacré aux droits fondamentaux protège la liberté d'expression, la liberté de la presse, le droit de réunion pacifique, la liberté de conscience et le droit de recours devant les tribunaux. La procédure d'habeas corpus y figure également. La mise en application de ces garanties dépend largement de la capacité effective de l'appareil judiciaire, que les bailleurs et les organisations non gouvernementales décrivent comme sous-doté et lent.

Situation de la presse

Reporters sans frontières classe le Liberia au 58e rang sur 180 pays dans son index 2026, avec un score de 64,54 points, contre un 54e rang et 66,61 points en 2025. L'organisation relève un paysage médiatique qui s'est étoffé depuis la fin des conflits, tout en signalant que les agressions visant des journalistes restent le plus souvent impunies. Une loi adoptée en 2018 a supprimé les délits de sédition et de diffamation à l'encontre du président, une loi d'accès à l'information existe depuis 2010 et un conseil national des médias a été mis en place en 2016. Reporters sans frontières cite néanmoins la fermeture pendant quarante jours du groupe Spoon Network en 2023 et celle, prolongée, du Concord Times après une enquête sur ArcelorMittal.

Justice transitionnelle

La Commission vérité et réconciliation, créée en 2005, a rendu son rapport final le 1er juillet 2009. Elle y formulait quarante-sept recommandations, dont la poursuite de quatre-vingt-dix-huit personnes pour violations graves des droits humains et le refus de toute amnistie générale. La Cour suprême a jugé en 2011 inconstitutionnelle la recommandation interdisant à certaines personnalités d'exercer des fonctions publiques, et l'essentiel des propositions est resté sans suite pendant une quinzaine d'années. En 2024, le Parlement a adopté une résolution conjointe en faveur d'une cour pour les crimes de guerre et les crimes économiques, et le président Joseph Boakai a signé un décret créant un bureau chargé d'en préparer l'établissement.

Droits des femmes

Une loi sur les violences domestiques a été adoptée en 2019 et les violences sexuelles font l'objet de campagnes publiques répétées. Un moratoire sur les mutilations génitales féminines a été annoncé en 2022 par le conseil national des chefs traditionnels, mesure dont les organisations de défense des droits humains suivent l'application. L'élection d'Ellen Johnson Sirleaf en 2005 avait fait du pays le premier d'Afrique à porter une femme à la présidence.

Limites persistantes

Les rapports des organisations internationales pointent la surpopulation carcérale, la durée des détentions provisoires, la faiblesse des effectifs de police judiciaire et les soupçons de corruption au sein de l'appareil judiciaire.