Institutions politiques au Liberia

Cadre constitutionnel

La Constitution en vigueur a été approuvée par référendum en 1984 et est entrée en application le 6 janvier 1986, après le coup d'État de 1980 qui avait mis fin au régime issu de la Constitution de 1847. Elle établit une république unitaire et présidentielle, fortement inspirée du modèle des États-Unis, avec une séparation stricte entre l'exécutif, le législatif et le judiciaire. Son chapitre relatif aux droits fondamentaux garantit les libertés d'expression, de réunion, d'association et de religion.

Pouvoir exécutif

Le président de la République cumule les fonctions de chef de l'État et de chef du gouvernement. Il est élu au suffrage universel direct pour un mandat de six ans, renouvelable une fois, en même temps qu'un vice-président. Joseph Boakai, du Unity Party, exerce cette charge depuis son investiture le 22 janvier 2024, avec Jeremiah Koung comme vice-président. Le chef de l'État nomme les ministres, les superintendants de comté et les juges, plusieurs de ces nominations restant soumises à la confirmation du Sénat.

Parlement bicaméral

Le pouvoir législatif appartient à une assemblée de deux chambres. Le Sénat compte trente sièges, à raison de deux sénateurs par comté, élus pour neuf ans et renouvelés par moitié. La Chambre des représentants réunit soixante-treize élus désignés pour six ans dans des circonscriptions uninominales dont le découpage suit le poids démographique des comtés. Les deux chambres votent la loi et le budget, et le Sénat ratifie les traités ainsi que les accords de concession accordés aux investisseurs.

Organisation judiciaire

La Cour suprême, composée d'un président et de quatre juges associés nommés par le chef de l'État avec l'accord du Sénat, occupe le sommet de l'ordre judiciaire et se prononce sur la constitutionnalité des lois. Des tribunaux de circuit, des juridictions spécialisées et des magistrats de comté forment les degrés inférieurs. Des juridictions coutumières traitent par ailleurs une partie des litiges familiaux et fonciers dans les zones rurales.

Administration territoriale

Le pays reste un État unitaire découpé en quinze comtés, soixante-huit districts, des clans et des villes. Les superintendants qui dirigent les comtés sont nommés par le président et non élus. Une loi sur les collectivités locales adoptée en 2018 prévoit un transfert progressif de compétences et de ressources vers les échelons locaux, dont la mise en oeuvre demeure partielle.