La musique libérienne
Instruments et pratiques traditionnelles
La musique libérienne traditionnelle accorde une place centrale aux percussions. Les tambours de tailles diverses, les hochets de calebasse recouverts de perles appelés saasaa, les cloches métalliques et les xylophones accompagnent les danses de village, les mariages, les funérailles et les cérémonies liées aux sociétés initiatiques. Le chant repose souvent sur l'alternance entre un soliste et un chœur qui lui répond, technique commune à toute la région. Les polyrythmies superposées et les vocalises aiguës caractérisent ces répertoires, transmis oralement d'une génération à l'autre.
Marins krou et vin de palme
Les marins krou, embarqués dès le dix-neuvième siècle sur les navires européens qui longeaient la côte, ont rapporté la guitare espagnole, le banjo, l'harmonica, l'accordéon et la mandoline. De ce mélange naît autour de 1918 un style de guitare acoustique connu sous le nom de gbema, apparenté à la musique dite du vin de palme. Ce courant a nourri une large partie de la musique populaire ouest-africaine et prépare l'arrivée du highlife, genre venu du Ghana et du Nigeria qui s'impose au Liberia au milieu du vingtième siècle.
Voix de la scène nationale
Miatta Fahnbulleh et Fatu Gayflor comptent parmi les interprètes les plus connues du pays. La seconde, surnommée la voix d'or du Liberia, s'est formée au sein de la troupe culturelle nationale et a porté les répertoires traditionnels sur les scènes internationales. Les églises jouent également un rôle majeur, le gospel occupant une part importante des ventes et de la programmation radiophonique.
Hipco et génération urbaine
Le hipco s'est constitué au début des années deux mille, autour de 2002 et 2003, sous l'impulsion d'artistes tels que Detrench, DJ SummerTime et MC Switch. Son nom vient du kolokwa, la variante populaire de l'anglais libérien dans laquelle il se chante. Rap, rhythm and blues et motifs traditionnels s'y mêlent pour aborder la corruption, l'injustice et la vie quotidienne des quartiers de Monrovia. Takun J, DenG et MC Caro figurent parmi ses représentants les plus écoutés. Des organisations internationales ont utilisé ce genre pour diffuser des messages de santé publique, notamment pendant l'épidémie de fièvre Ebola. La radio reste le principal vecteur de diffusion, avec la station publique ELBC et un réseau dense de radios communautaires.