La littérature libérienne

Transmission orale

Avant la diffusion de l'imprimé, la littérature libérienne repose entièrement sur la parole. Les seize groupes ethniques du pays, parmi lesquels les Kpellé, les Bassa, les Grebo, les Gio, les Mano, les Krou, les Loma, les Gola et les Vaï, conservent un vaste répertoire de contes, de devinettes, de proverbes et de généalogies chantées. Les récits se disent le soir, sous une forme dialoguée où l'auditoire reprend les refrains. Les sociétés initiatiques Poro pour les hommes et Sande pour les femmes participent à cette transmission, en confiant aux aînés l'enseignement des règles sociales et des récits fondateurs.

Écriture vaï

Le Liberia possède l'un des rares syllabaires inventés en Afrique de l'Ouest. L'écriture vaï est attribuée à Momolu Duwalu Bukele, originaire de Jondu, dans l'actuel comté de Grand Cape Mount, et apparaît vers 1832. Ce système note des syllabes plutôt que des sons isolés et sert encore aujourd'hui à écrire la langue vaï. Avec le n'ko, il compte parmi les deux écritures africaines autochtones les plus utilisées de la région. Des lettres, des registres commerciaux et des textes religieux ont été consignés de cette manière.

Premières plumes écrites

L'arrivée des colons afro-américains à partir de 1822 introduit l'anglais et l'imprimerie. Edward Wilmot Blyden, installé au Liberia au milieu du dix-neuvième siècle, y publie une œuvre considérable et devient l'un des fondateurs de la pensée panafricaine. En 1891 paraît Guanya Pau de Joseph Jeffrey Walters, souvent présenté comme le premier roman écrit par un Africain et publié en anglais. Le livre aborde le mariage forcé des jeunes filles et la condition féminine.

Auteurs du vingtième siècle

Bai T. Moore occupe une place centrale dans les lettres libériennes. Son récit Murder in the Cassava Patch, paru en 1968, reste l'un des textes les plus lus du pays, tandis que ses poèmes puisent dans les paysages et les langues locales. Wilton Sankawulo, romancier et collecteur de contes, a mis par écrit une partie du patrimoine oral kpellé.

Voix contemporaines

Les guerres civiles de 1989 à 2003 ont dispersé une large partie des écrivains, dont l'œuvre s'écrit désormais aussi depuis l'étranger. La poétesse Patricia Jabbeh Wesley explore l'exil et la mémoire du conflit. La journaliste Helene Cooper raconte dans The House at Sugar Beach l'enfance d'une famille américano-libérienne et le basculement de 1980. Le romancier Vamba Sherif, qui écrit en néerlandais, prolonge cette littérature de la diaspora.