Bien communiquer au Liberia
Anglais officiel et langues nationales
L'anglais est la seule langue officielle du Liberia et sert dans l'administration, l'école et la presse. Il coexiste avec plus d'une quinzaine de langues africaines, dont le kpellé, le bassa, le grebo, le gio, le mano, le krou, le loma, le kissi, le gola, le vaï et le mandingue. Le kpellé compte le plus grand nombre de locuteurs. Dans les échanges quotidiens domine le kolokwa, forme populaire de l'anglais libérien, dont la prononciation, le vocabulaire et la syntaxe déroutent souvent les visiteurs anglophones. Une variante plus proche de l'anglais américain, héritée des colons, se maintient dans certaines familles de Monrovia.
Salutations et formes d'adresse
La salutation ouvre toute conversation et ne se réduit jamais à un mot. Prendre des nouvelles de la famille, du travail et de la santé fait partie de la politesse ordinaire, y compris dans un cadre professionnel. La poignée de main libérienne se termine fréquemment par un claquement de doigts, geste familier entre connaissances. Les personnes plus âgées reçoivent volontiers les appellations respectueuses de Ma et de Pa, et les titres professionnels s'emploient largement.
Formes indirectes
La conversation privilégie souvent l'allusion et le détour plutôt que le refus frontal. Les proverbes servent d'arguments et permettent de faire passer une critique sans nommer personne. Cette préférence pour la médiation se retrouve dans la palava hut, l'abri villageois où les anciens arbitrent les différends jusqu'à ce qu'un accord se dégage.
Médias et téléphonie
La radio demeure le média le plus suivi, avec la station publique ELBC, plusieurs radios privées de Monrovia et un réseau de stations communautaires qui émettent dans les langues locales. La presse écrite, concentrée dans la capitale, tire à faible nombre d'exemplaires. Le téléphone mobile s'est en revanche généralisé, autour des opérateurs Orange Liberia et Lonestar Cell MTN, et l'accès à internet passe presque exclusivement par ce canal.
Photographie et retenue
La prise de vue demande une autorisation préalable, en particulier dans les villages. Les bâtiments officiels, les installations militaires et les postes frontière ne se photographient pas. Les cérémonies faisant intervenir des figures masquées relèvent de règles strictes, et l'usage veut que le visiteur s'abstienne en l'absence d'accord explicite des responsables locaux.